Abuser du bon
Abuser du bon

C’est une question de feeling

Est-ce que je suis assez motivée pour changer mes habitudes?
Assez inspirée pour le faire dans le bonheur?
Est-ce que je suis assez assidue, disciplinée de nature?
Est-ce que j’en connais assez?
Est-ce que j’en fais assez?
Est-ce que je serai capable de décoder le vrai du faux dans toute la bullshit contradictoire à laquelle je suis confrontée à tous les jours?
Est-ce que mon vieux réflexe de contrôle ou mon trouble du comportement alimentaire va refaire surface et me faire basculer du côté obscur de la force?
Est-ce que je vais pouvoir maintenir ce rythme même cet été-de-weekends-infinis ou ce Noël-de-festivités-excessives?
Est-ce que ma quête d’être en santé est une incertitude éternelle, un fail avec lequel je devrai vivre toute ma vie, ayant échoué 1000 fois plutôt qu’une dans le passé?
Qu’est-ce qui me dit que cette fois, ce sera la bonne et que je peux me faire confiance? 

 

Le discours anxieux

L’idée de se lancer dans une démarche de santé déclenche souvent un discours anxieux.
Cette cascade de questions-à-enchaîner-le-plus-rapidement-possible-sans-prendre-son-air est d’ailleurs une visite guidée dans ma tête il y a 10 ans, et une trame sonore que j’entends encore à l’occasion de périodes de stress intense, de skip de méditations répétés ou de manque de sommeil chronique.

Entre les gens qui trouvent nos démarches extrêmes, et ceux qui nous délaissent parce qu’on est plate tout à coup.
Entre nos propres doutes d’y arriver et ceux que les autres nous pitchent dans la face.
Entre les moments de motivation extrême et de fonds de sacs de chips.
Les questions embrument le paysage.

Au centre, bien au focus, un sentiment: celui de ne pas être outillée pour prendre sa santé en charge.
De ne pas savoir par où commencer et de ne pas avoir les compétences nécessaires pour y arriver.

 

Au bout de la quête: un feeling de bien-être

L’absence d’objectif réel et quantifiable rend l’épopée très… abstraite. Parce qu’on le crie et le répète sur tous les toits: la minceur n’est pas synonyme de santé et perdre 30 livres non plus.

D’ailleurs, plusieurs diètes miracles et programmes d’exercices intenses laissent le corps dans un état catastrophique, même si le chiffre sur la balance a fait un saut en bungee. Une flore intestinale complètement déséquilibrée, une glycémie hors de contrôle, des hormones incontrôlables, des effets secondaires ingérables et une tête sur le bord de tilter ne sont que quelques exemples.

 

L’objectif est de se « se sentir en santé » ET « d’être en santé ».

Le beurre et l’argent du beurre est notre seule voie de Salut. Parce qu’il est très possible d’avoir l’air en santé et de ne pas l’être.C’est comme troquer quatre 30 sous de vie misérable pour une piasse qui fait tout autant pitié: personne n’y gagne. Toute la mode de la beauté minceur-à-tout-prix et du skinny fat entre pile dans cette catégorie. C’est comme les annonces de shampoing dans lesquelles on nous parle de cheveux d’APPARENCE saine. Personne ne dit que vos cheveux seront en santé, mais ils auront l’air. C’est bien tout ce qui compte, non?

Pour les hypocondriaques et les bibittes anxieuses (comme moi, fut un temps et encore une fois de temps en temps), cette machine à laver de questions sans réponse peut vraiment donner naissance à une course effrénée pour une santé parfaite. Et à l’idée de la performance totale.

« Je vais être bonne, la meilleure, la fille la plus en santé que t’as jamais rencontré. »
La gagnante du concours.
Quand tu vas penser à LA SANTÉ, tu vas penser à moi.
Mais ça ne fonctionne pas comme ça.

 

Déjà la démarche est malsaine si elle implique de virer fou avec ça.

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Vos moyens peuvent être plus radicaux ou plus souples, selon si vous souhaitez atteindre un objectif ambitieux rapidement ou changer une habitude de vie sur le long terme. Le plus important c’est que vous gardiez de la perspective par rapport à votre démarche. Et surtout que votre Nord magnétique reste le PLAISIR. Le PLAISIR de manger, de prendre soin de vous, de ritualiser votre quotidien dans la volonté d’être de plus en plus la personne que vous êtes et que vous souhaitez révéler au monde. Changez le rythme, écoutez-vous, poussez mais poussez égal. Le plaisir — pas le plaisir passager là, le plaisir profond — vous guidera toujours au bon endroit, au bon choix, à la bonne réflexion, à la transformation.

 

La vitalité, la santé, le bien-être c’est une question de feeling.

Écrit par
Anne-Marie Archambault
Coach de santé & guide de méditation