Abuser du bon
Abuser du bon

Passer devant

« Sécurisez votre masque à oxygène avant d’aider la personne à vos côtés »…
YEAH RIGHT. WHO DOES THAT?

Et pourtant… On se brûle jusqu’au sale rhume qui nous terrasse au lit, à l’épuisement total qui nous empêche d’être là pour ceux qu’on aime. On s’écroule physiquement et mentalement la première journée de ses vacances, complètement usés à la corde. On fonce tête première dans le mur, le pied à fond sur la pédale, jusqu’à ce qu’on soit littéralement dans l’obligation de prendre soin de soi. Pourquoi faire? Pour qu’une fois remises sur pied, on se tape de nouveau cette spirale vers le bas avec comme mantra « tout passe avant moi et je me contenterai des miettes de temps qu’il me restera ». 

 

Se demander si on a le temps de prendre soin de soi, c’est comme se demander si on a le temps de faire le plein de la voiture quand la lumière clignote. Ce n’est pas tant un choix qu’un moment donné, la voiture va juste tomber en panne sur l’autoroute. Et dans notre cas, il ne s’agit pas que d’un simple remorquage: on peut mettre des années à se remettre physiquement et psychologiquement d’un épuisement.

Le fameux self care, ce n’est pas profiter des bouts de temps qui restent une fois que tout le monde a pris sa part. C’est trouver dans la magie de tous les jours quelque chose qui sent les vacances. Et pour y arriver, pas le choix: il faut passer devant.

Intéressant cet inconfort à l’idée de prendre toute la place pour un moment? Ne s’agit-il pas … d’égoïsme?

 

L’altruisme est mort, vive l’égo altruisme!

Ahhhhhhh l’égoïsme.
Le péché capital qui prend racine dans l’égo, cette bête noire à éradiquer dans pratiquement toutes les philosophies et textes religieux qui se respectent. Le salut est dans l’altruisme et l’acte de se perdre complètement au service des autres. Voilà le sens profond de la vie.

Donner c’est recevoir, d’accord. On comprend tous le principe. C’est très vertueux. Mais encore faut-il avoir quelque chose à donner. Sinon, quoi? On vit sur le crédit? En déficit constant de temps, d’argent, d’amour propre… d’énergie?

J’aime l’approche du philosophe André Compte-Sponville : aspirer à l’égo-altruisme.
Définition: mettre son masque d’abord, pour après penser à sauver l’avion.

Oui, moi d’abord.

Cet égo auquel je fais référence ne me propulse pas au-dessus de la mêlée, mais me place à un niveau d’ÉGALITÉ. Et cet égoïsme n’est pas celui qui me fait oublier tous les autres, mais bien celui qui me rappelle de ne jamais m’oublier.

Vous avez déjà croisé quelqu’un qui vous écoute pleinement? Un professeur de yoga qui irradie? Une collègue qui anime toutes les réunions? Une amie qui semble toujours déborder d’énergie?

Assurément, ces gens ont des plages horaire remplies d’eux.

De moments sacrés dédiés à leur pratique, leurs hobbies, leurs moments, leurs voyages, leurs découvertes. Elles font des choix autour desquels elles gravitent. Elles s’entretiennent. Et demandez-leur: elles se placent souvent devant.

Entretenez ces moments comme vous entretenez vos amitiés, votre jardin, votre maison. Prenez le temps en les plaçant dans votre agenda en début de semaine et en ne démordant pas de ces rendez-vous avec vous.

Prendre cette décision sera probablement le casse-tête le plus impressionnant de votre vie. Mais vous en retirerez tous les bénéfices. Promesse.

 

Mantra:
Ce que je donne aux autres comme temps de qualité, amour et compassion, je me fais un devoir de me l’accorder à part égale.

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Écrit par
Anne-Marie Archambault
Coach de santé & guide de méditation